T'as toujours eu ce vide qui t'collait à la peau Comme un sac trop lourd, que personne veut porter pour toi Tu t'demandes parfois qui t'aime, et pourquoi Comme un putain d'arrêt de Courtois à la 90ème La vie, une compét' et t'es trop loin du prix T'as grandi dans une chambre où seul le silence fait du bruit Où les murs te regardaient quand tu dormais pas la nuit Quelques larmes intérieures recouvertes par la pluie À table ça parlait fort, toi t'apprenais à te taire Y'a que le noir qui finira par te plaire Tu t'contentes de sourire sans faire de blagues Ouais, t'as pensé à partir sans faire de vagues Finir sous terre où être emporté par les Dieux? Les années passent et tu fais semblant d'aller mieux Est c'que c'est les autres ou c'est toi l'problème? Tu t'connais même pas alors tu t'demandes Si c'est vraiment toi qu'on aime Tu décroches plus l'téléphone T'allumes plus la télé Y'a qu'des programmes avec des bouffons et des connes T'es jeune mais tu t'sens comme un p'tit vieux Un boulot, des gens autour, mais t'es toujours seul au milieu Tu regardes les autres et tu te dis que c'est pas pro Y'a des jours où se lever, c'est déjà trop Alors tu repenses à l'enfance, à cette époque et tu t'demandes Si le monde était pas beau Si sur la photo d'classe t'étais pas d'trop T'as cherché l'amour pour te sauver de toi Tu t'demandes pour vivre, avant il faut survivre combien de fois Avant t'étais heureux mais tu parles au passé Tu vois tes potes se caser, toi tu t'dis que t'es cassé Ta famille voudrait qu'tu parles plus Mais parler d'quoi? De tout et d'rien comme un clochard bourré à l'arrêt d'bus? Je vais pas te dire que ça va aller Je vais pas te dire que tout arrive pour une raison Car les gens finissent toujours par s'en aller Que la souffrance dans ton appart s'ra pas la même dans une maison Que tu s'ras peut-être pas mort dans une saison T'as appris à hocher la tête, à dire t'inquiète Tu voudrais juste qu'le temps s'arrête, je sais Mais quand tu rentres, y'a plus de décor Non, juste toi face à ce que t'évites encore Et quand tu dis: Ça va, c'est pas un mensonge C'est juste que t'as plus les mots pour dire c'qui t'ronge Tu t'demandes c'qui se serait passé si t'avais eu le flair T'as blessé sans vouloir, t'as fui sans expliquer Parce que dire j'ai mal, t'as jamais su le faire Et parc'que comprendre les autres c'est beaucoup trop compliqué Loin de toi l'envie d'exprimer ta douleur avec des pleurs T'as regardé le plafond pendant des heures Et parfois tu penses à négocier avec tes peurs De mélanger tes sentiments avec les leurs Je sais comment les nuits s'étirent Quand ton cerveau refuse de se taire Quand tu peux rien aimer et pire Je sais ce miroir que t'évites Car il te rappelle ce que t'es pas devenu Cette honte bizarre et gratuite Je comprends quand tu dis: J'en ai marre d'être courageux Quand chaque matin ressemble à une montagne sans sommet Qu'y'a jamais d'soleil et que le temps est orageux Que les cauchemars te suivront même loin de ton sommeil Je sais aussi que t'as survécu à des choses Don't tu parles en faisant des phrases légères Moi non plus j'voulais pas d'une vie en rose Tout déborde sur la terre Alors j'ai juste transformé le chaos en prose À part toi, les humains sont tous placés Tu t'demandes comment font les autres Y a des choses qu'on dit jamais à voix haute Pas parce qu'on ment Mais parce qu'on sait pas comment ça sortira sans tout casser Je sais ces phrases que tu te répètes: Faut que j'arrête D'autres ont pire: J'ai pas de raison Mais la douleur, ça demande pas avant d'entrer Ça demande avant d'rentrer Ça s'installe et ça prend toute la maison Dans ton coeur y'a plus de fête Tu te dis que t'es prêt peu importe si y'a un Dieu Mais y'a cette voix dans ta tête qui tremble et te répète S'il te plait, reste encore un peu