Sans en attendre trop Mais pour le délire Ne pas regarder une fille dans la rue, et se taire Qu’elle est laide Même en allant plus loin Mais pour le délire En passant, simplement lui froncer les sourcils Sans un mot Pour le délire Ne pas prendre le temps, tout le temps De transformer un enfant en homme Et s’ennuyer Pour le délire Se priver de ce qui n’a pas de prix Ajouter un peu de cauchemar à notre vie Et faire souffrir Toujours courber le dos Même pour échouer Préférer être mal dans sa peau que sourire De son propre gré Avoir pendant des mois Paressé comme un sage Et un soir, tout ramasser d’un seul coup Sans courage Pour le délire Toujours courir, toujours compter Prendre la vie du mauvais côté En réfléchissant trop Pour le délire On peut aussi tout garder en ordre Faire sourire comme on a souri Et puis partir Pour le délire Se rappeler qu’un jour on a dit Que les mots d’amour servaient à tout Et les taire Pour le délire Ne rien offrir, ne rien promettre Et laisser le silence tout remettre À l’envers