Ma belle amie Qu'est-ce qui te tourmente C'est-tu le temps qui te rentre dans le ventre Ou tous ceux qui disent que t'as pus rien à craindre Tous ceux qui disent que t'as pus de quoi te plaindre Ouais pourquoi t'aurais la gueule en berne Fini le temps des cavernes, fini le temps des tavernes Voici venu le temps du cache cerne Avec la panoplie d'applications de la femme moderne Bonne épouse à poussette porn star spic'n span De l'entrepreneurship pis un beau suntan Efficace de sept à cinq et sexy au cinq à sept T'as à peine dormi faut qu'tu pèses sur reset Pis tu t'épiles le corps tu t'épiles la face Tu te piles sul 'cœur et perds à pile ou face Pis quand tu coules à pique, 'faut pas qu'on te pique ta place Ni que le mascara coule sur ta carapace Comme une rivière qui déborde et qui arrache Sors du sillon avant qu'on te harnache Attend pus qu'on te dise où le bonheur se cache Mon amie laisse tout' ça là relève-toi pis marche On te vend des revues qui te disent de t'aimer telle que t'es Avec deux cent pages d'ados photoshoppées Pis tu perds tes dimanches à perdre du poids Oui t'as le cœur gros mais ça, ça fondera pas Et puis tu frenches et tu frenches et tu donnes ta peau Mais pourquoi le prince se transforme en crapaud À voir ces morons qui te méritent pas Je me dis que stupidon il tire ses flèches dans l'tas Ou ben tu benches et tu benches au banc des résignées C'tu mieux des poignées d'amour ou de l'amour toute pogné Ou vivre en coulant tes désirs tout le temps Tout en couvrant de graffitis ton cœur tout grafigné Comme un grand fleuve qui déborde et qui arrache Sors de ton lit que toute la vallée le sache Attend pu qu'on te dise où le bonheur se cache Mon amie laisse tout' ça là relève-toi pis marche On te somme de suivre ce que les hommes pensent Ou mieux d'apprendre à penser comme un homme Bravo bravo t'es ben bonne en science Mais le pouvoir ma belle ça s'passe entre chums Encore la peur qui perle sur ton lobe Encore gagner moins pour la même même même job Pis rager dans sourires que tu fabriques Pour ravaler la blague d'un mononcle lubrique C'fait juste dix mille ans qu'on te coupe la parole Qu'on te dompte ou t'écarte ou te traite de folle Là l'vent commence à peine à virer d'bord Y en a d'jà qui se plaignent que tu parles trop fort Vive ta lumière vive tes ombres Vivement ta manière de dire le monde Vivement quand tu te lèves comme une marée se lève Que tu marches et marches et que monte à nos lèvres Un hymne de fou à ta force océane Un hymne de fou à ta force de femme Ils ont bâti le monde entier sur ton dos Si tu te lèves tout' va trembler Ça va être beau